La Surprise Hamon

sociale » s'exprime Anthony avant d'être coupé par son amie Marion : « il va ... s'indigne Colin, fervent supporter de Benoît. Hamon. Ce dernier n'a pas perdu ...
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La Surprise Hamon

Contre toute attente, c’est bien Benoît Hamon qui sera le candidat du Parti Socialiste à l’élection présidentielle. Vainqueur face à l’ancien premier ministre Manuel Valls avec 58,71 % des voix, l’ancien frondeur a finalement su donner à sa campagne la dynamique nécessaire pour créer la surprise.

Benoît Hamon pose dans son bureau avant la Primaire citoyenne. © ABACAPRESS

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POLITIQUE « Solitaire » , « inoffensif »,« sans soutien ». Voilà les mots utilisés par les militants du candidat, interrogé par Juste Titre, pour décrire Benoit Hamon l’été dernier, lors de l’annonce de sa candidature. Avec un début de parcours un peu chaotique, l’ex-ministre de l’Éducation a su renverser la tendance et se hisser favori du scrutin.

 « Le mouvement des jeunes socialistes est un bastion pro-Hamon depuis ses premiers jours » Tout a commencé le 1er décembre denrière lorsqu’il se rend à Toulouse, ville emblématique de la gauche, pour rencontrer des étudiants. Pour la première fois de sa campagne, il joue à guichets fermés. Vient ensuite son passage dans l’Emission Politique sur France 2, il n’est regardé que par 1,7 millions de téléspectateurs contrairement à Valls qui en avait réuni 1,9 millions. Mais c’est l’occasion pour le candidat de développer pour la première fois son programme de manière claire et précise, il se fait connaître du grand public. Dès lors, il cartonne et fait salle pleine à chaque meeting. Même lors des débats, celui de l’entre deux tours particulièrement, le candidat prend la tête de la campagne en essuyant les critiques et en imposant son programme dans le dialogue.

Les jeunes dans la poche Fondateur du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), Benoit Hamon a su « redonner l’espoir a la jeunesse en faisant de l’éducation une priorité » selon Marion, membre des jeunes avec Hamon. Pour Catherine Dugarin, professeure au lycée, « il lutte contre les classes surchargées et les conditions scolaires, c’est normal que les jeunes le suivent ». Alors que François Hollande a failli dans sa promesse d’améliorer les conditions de vie pour les jeunes d’ici 2017, Benoit Hamon, intransigeant, « adresse aux jeunes un nouveau projet de société qui leur promet un avenir » rajoute

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Marion. C’est la première grande victoire pour Benoit Hamon qui rassemble, avec la jeunesse derrière lui, une grande partie de l’électorat de gauche.

Un programme innovant Fer de lance de son programme, le revenu universel de Benoit Hamon a fait jaillir doutes et critiques de la part de la majorité de ses opposants. Pourtant, parmi les électeurs, la mesure a fait mouche : « Ca coute cher mais j’ai toujours cru au coté bénéfique de cette prestation sociale » s’exprime Anthony avant d’être coupé par son amie Marion : « il va permettre de lutter contre la précarité des jeunes et augmenter l’indépendance vis-à-vis des parents ». Emancipatrice, la vision du travail de Benoit Hamon a bousculé la façon de faire du Parti Socialiste de Manuel Valls. Sensible à la dégradation du climat, Hamon a su séduire ses électeurs en intégrant une part de transition écologique dans son programme. L’utilisation de 50% d’énergies renouvelables d’ici 2025 et l’abollition du diesel d’ici 2050, deux mesures phares de son programme que le PS laisse habituellement à Europe-Ecologie-Les-Verts.

« Même pour le rassemblement de la gauche, Manuel Valls ne soutiendra pas le programme de Benoît Hamon. » « Tout sauf Valls » Benoit Hamon a profité de la déception des électeurs du quinquennat sortant. Figure de la gauche gouvernante, Manuel Valls s’est heurté à un électorat désabusé et insatisfait : « On veut des vrais sujets de gauche, j’en ai marre de la peur du terrorisme de Manuel Valls » s’indigne Colin, fervent supporter de Benoît Hamon. Ce dernier n’a pas perdu l’occasion de surfer sur la vague du « Tout sauf Valls » pour creuser l’écart qui les sépare. Lors de son meeting à Montreuil le 26 janvier, Benoît Hamon s’est fièrement proclamé comme repreneur

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et sauveur de « l’après Valls » en déclarant : « Comme si la ligne politique qui a perdu toutes les élections intermédiaires depuis 2012 pouvait nous faire remporter demain ». En campant sur sa position, l’ancien Premier ministre marqué par le bilan du gouvernement Hollande, a participé malgré lui à la réussite de son concurrent.

Merci Montebourg Le ralliement d’Arnaud Montebourg suite à sa défaite au premier tour a été capital pour le candidat de la Belle Alliance Populaire. Lors de son dernier meeting, ils ont été nombreux a monter sur scène pour apporter leur soutien à Benoit Hamon. « je ne vois que des complémentarités avec ce que Benoit a su traduire, nous nous rejoignons pleinement sur la manière d’aborder les deux défis devant nous : la

montée des inégalités et le danger écologique » s’est exclamé Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis et soutien de Benoît Hamon depuis la défaite d’Arnaud Montebourg. Sans exceptions, les soutiens d’Arnaud Montebourg ont rejoint en masse le candidat qui souhaite faire «battre le cœur de la France». Après cette difficile victoire, pas le temps de se reposer pour le candidat de la gauche, la campagne présidentielle commence. Il devra redoubler d’efforts pour éviter la fuite des soutiens de Manuel Valls vers Emmanuel Macron et réunir la gauche. Travail déjà initié lors de son discours de victoire dimanche 30 janvier, où le candidat a appelé au rassemblement avec le parti de Mélenchon, celui de Yannick Jadot et tous les candidats qui ont participé à cette primaire.

Benoit Hamon, au palais des congrès, lors de son meeting à Montreuil le 26 janvier © Romain Philips

Romain Philips